Le pluralisme et la pandémie

Migration et réfugiés

Au cours des prochaines années, la pandémie va probablement remodeler les schémas et les tendances migratoires comme nous n’aurions pu l’imaginer. La fermeture des frontières, une augmentation des restrictions en matière de déplacements à l’échelle nationale et locale, et des taux de chômage qui montent en flèche ont freiné, et continueront de limiter, la migration dans le monde entier. La pénurie d’emplois, couplée à l’augmentation de la rhétorique populiste-nationaliste et des cas de discrimination, incite une masse de migrants à retourner ou à tenter de retourner dans leur pays ou lieu d’origine.

La pandémie a exposé les vulnérabilités extrêmes des personnes déplacées, des réfugiés, des migrants sans papiers et des personnes qui travaillent dans de mauvaises conditions. Par exemple, les réfugiés Rohingyas se font refuser l’accès à des ports en Malaisie; le Canada refuse des demandeurs d’asile à la frontière avec les États-Unis; des réfugiés vivant dans des camps et d’autres contextes surpeuplés font face à un plus grand risque de contracter la COVID-19; et des migrants sans papiers et leurs familles hésitent à accéder à des services de santé par peur de se faire déporter ou de voir leurs familles séparées. Le chômage persistant peut également limiter la capacité des travailleurs migrants à contribuer à la réduction de la pauvreté dans leur pays d’origine par les transferts d’argents qu’ils envoient chez eux.

D’autre part, la pandémie nous rend de plus en plus conscients des importantes contributions des migrants. Aux États-Unis, l’approvisionnement alimentaire serait considérablement ébranlé sans le travail des travailleurs étrangers temporaires. Dans les pays du Golfe, les secteurs de la construction et de l’énergie s’effondreraient sans les migrants. Plus de 1 000 demandeurs d’asile travaillent en tant que personnels soignants pour les aînés dans des centres de soins de longue durée gravement touchés par le virus au Québec. En Allemagne, les médecins arrivés au pays en tant que réfugiés répondent à l’appel pour pallier la pénurie de médecins. Reconnaissant le besoin de rendre les soins de santé accessibles à tous, le Portugal a temporairement donné de pleins droits de citoyenneté à tous les migrants et demandeurs d’asile.

Dans cette section, nous demandons à des praticiens et à des spécialistes de réfléchir aux impacts de la COVID-19 sur les relations entre les migrants et les sociétés d’accueil. Nous abordons quelques-uns des défis auxquels ces groupes font face tout en exposant le potentiel d’une plus grande cohésion après la pandémie.

 

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