Pluralisme et la pandémie: Économies inclusives

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Économies inclusives

La COVID-19 entraine une situation économique désastreuse. Selon le président de la Banque mondiale David Malpass, le monde n’a pas assisté à autant de récessions simultanées depuis 1870. Le terrain gagné en réduction de la pauvreté dans la dernière décennie a été perdu. Les estimations indiquent que la pandémie risque de plonger jusqu’à 115 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté cette année, ce chiffre grimpant jusqu’à 150 millions l’an prochain. Le Programme alimentaire mondial des Nations Unies révèle que « le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë [dans les pays les plus à risque] pourrait passer de 149 millions avant la COVID-19 à 270 millions avant la fin de l’année ».

L’impact économique de la pandémie n’est pas le même pour tous. Les personnes qui étaient déjà marginalisées, comme les travailleurs à faible revenu, les immigrants sans papiers et les femmes, sont touchées de façon disproportionnée. La réponse politique doit être éclairée par le pluralisme. Elle doit être inclusive et reconnaître les différences marquées quant à la façon de vivre la pandémie. Elle doit aborder les inégalités qui ont été exacerbées par celle-ci.

Au sein de la population active, les disparités de genre qui existaient avant la pandémie se sont accentuées. Par exemple, au Canada, la participation des femmes sur le marché du travail a atteint son plus bas taux en trois décennies. En Ouganda, les confinements ont entrainé la perte de revenu de 61 % des petites entreprises dirigées par des femmes, comparativement à 22 % des entreprises dirigées par des hommes, avec des tendances similaires au Rwanda et en Afrique du Sud. Ce phénomène a poussé les économistes à parler de récession au féminin. Ailleurs dans le monde, c’est la même histoire. Des données recueillies dans plus de 132 pays par le Centre du commerce international indiquent que les petites entreprises dirigées par les femmes et les jeunes courent plus de risquent de devoir fermer leurs portes en raison de la pandémie.

Les impacts de la COVID-19 se ressentent plus profondément et plus durablement par les individus qui avaient déjà des difficultés financières, et ce, dans le monde entier. Les personnes à faible revenu, qui ont tendance à être travailleurs indépendants ou informellement employés, principalement dans de petites entreprises familiales et au sein du secteur des services, sont aux prises avec une économie informelle particulièrement durement touchée par la pandémie, et qui aura du mal à s’en remettre dans une économie mondiale contractée. Parmi les millions de travailleurs sans papiers dans le monde entier, plusieurs ont été exclus des programmes d’aide gouvernementaux.

Puisqu’une grande partie de l’économie a été déplacée en ligne, quiconque ne dispose pas d’une connexion Internet fiable risque d’avoir plus de difficulté à obtenir de l’information et des biens et services, y compris l’éducation. De plus, les personnes qui ne bénéficient pas de services bancaires ou qui ne peuvent pas accéder à leur banque en ligne au quotidien ont de la difficulté à accéder au soutien économique offert par leur gouvernement.

Bien que la reprise de certaines économies semble aller mieux que prévu, la force et le rythme de celle-ci restent inégaux à travers le monde. Certains gouvernements ont réussi à adoucir l’impact de la pandémie sur les citoyens en mettant en place des mesures de « filet de sécurité » telles que le revenu universel de base, des garderies gratuites et, à l’échelle multilatérale, la suspension de la dette des pays les plus pauvres. Cependant, d’autres gouvernements n’ont pas réussi à répondre adéquatement.

Les perspectives d’octobre du Fonds monétaire international parlent d’une ascension difficile vers des niveaux économiques comparables à ceux d’avant la pandémie, une ascension qui dépendra largement de la coopération et des politiques internationales qui contribuent à distribuer les gains équitablement au sein de l’économie.

Les experts demandent un changement de cap permanent et de nouvelles règles économiques pour aborder les inégalités exacerbées par la pandémie et les échecs de gouvernance dramatiques. Mark Carney, ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, a dit que les valeurs qui ont émergé durant la pandémie, telles que « la solidarité, l’équité, la responsabilité et la compassion » doivent faire partie du nouveau langage économique. L’International Budget Partnership voit cette crise mondiale comme une occasion sans précédent de défier l’austérité fiscale et de faire appel à un nouveau contrat social entre les gouvernements et les citoyens de façon à accorder la priorité à la responsabilité publique et au développement inclusif tout en travaillant au bénéfice de tous. De même, le Centre du commerce international voit l’après-pandémie comme une occasion de faire en sorte que l’économie mondiale soit « résiliente, numérique, inclusive et durable ». Au Canada, le Smart Prosperity Institute souligne que mettre l’accent sur une économie verte, sur l’égalité des genres et des races ainsi que sur des améliorations en santé est essentiel à une forte relance économique après la pandémie.

Dans cette section, nous nous demandons comment passer d’une économie axée sur les parties prenantes à un capitalisme qui valorise les parties prenantes à la lumière de la COVID-19. Nous cherchons à aborder comment les politiques économiques contribuent à accroître les inégalités dans le monde. Enfin, nous nous penchons sur l’impact plus vaste que pourraient avoir les réformes sur l’exclusion économique et sociale.

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