Comment le pluralisme peut-il contribuer à l’établissement d’une paix plus durable?

6
Mar
2020

Comment le pluralisme peut-il contribuer à l’établissement d’une paix plus durable?

Table ronde d’experts sur l’établissement de la paix à l’échelle mondiale et le rôle du Canada à cet égard.

Le 6 mars 2020, le Centre mondial du pluralisme a tenu une table ronde d’experts pour réfléchir à l’état de l’établissement de la paix à l’échelle mondiale et au rôle que le Canada peut jouer. Katia Papagianni, Ph. D., directrice de la politique auprès du Centre pour le dialogue humanitaire (Centre HD) a partagé sa vaste expérience en processus de paix officiels ainsi que ses réflexions sur le paysage changeant de la consolidation de la paix selon la perspective de la diplomatie privée.

Aujourd’hui, les conflits sont plus fragmentés que jamais. Ils durent plus longtemps, sont plus profondément sociétaux et fondés sur l’identité, et engloutissent de plus vastes segments de la société. L’exclusion et la marginalisation sont au cœur des conflits contemporains. Ces échecs du pluralisme doivent être considérés comme étant centraux à tous les éléments des processus de paix. Alors que l’établissement de la paix fait actuellement face à d’importants défis, Mme Papagianni a rappelé au public que la majorité des conflits dans les 30 dernières années se sont terminés par des règlements conclus par voie de médiation. Il est donc important de nous appuyer sur les gains réalisés par les artisans de la paix.

Pour que l’établissement de la paix favorise l’inclusion, le processus doit adopter une approche constante et créative. Alors que l’inclusion n’a pas progressé autant que plusieurs l’auraient voulu, d’importants progrès ont souligné des leçons pour les artisans de la paix. Mme Papagianni a offert les conseils pragmatiques et pratiques suivants pour réaliser l’inclusion :

»Adopter une approche inclusive du début à la fin du processus de paix, même s’il échoue et même s’il régresse. La préparation est cruciale et par conséquent, il faut commencer très tôt à penser à l’inclusion. La régularité est importante à toutes les étapes d’un processus pour profiter des occasions d’inclusion.

»Ce qui est écrit dans le texte des accords de paix compte. D’importantes normes sur la démocratie, les droits, l’inclusion et le respect devraient être incluses même si la mise en œuvre est inégale. Trop souvent aujourd’hui, le langage normatif des accords est faible. Mettre ces engagements par écrit est important pour obtenir des résultats à plus long terme.

»Travailler avec des gouvernements amis et soutenant pour réaliser ces objectifs. Cette aide est utile aux médiateurs et à ceux qui appuient les pourparlers de paix.

»Dépasser la table des négociations pour désamorcer le conflit et prendre des mesures pour la paix. Créer des espaces en ligne, par exemple, où un dialogue inclusif et axé sur les objectifs peut être favorisé. Aujourd’hui, les processus de paix concernent davantage un vaste éventail de forums, et non une seule table, et nous devrions en profiter.

Dans ce contexte, la discussion en table ronde tenue au Centre mondial du pluralisme s’est penchée sur la façon dont le Canada peut jouer un rôle transformateur en établissement de la paix et devenir un leader novateur dans ce domaine. La discussion a présenté des réflexions sur la façon dont le Canada peut s’appuyer sur son rôle actuel en tant que président de la Commission de la paix et dans d’autres institutions multilatérales et a pressé le Canada de poursuivre son travail proactif avec les artisans de la paix communautaires et d’utiliser ses relations avec des gouvernements de même sensibilité pour faire avancer ces importants objectifs.

Lisez notre résumé des recommandations.

Katia Papagianni, Ph. D.

Directrice de la politique et de l’appui à la médiation, Centre pour le dialogue humanitaire

Gwyn Kutz

Directrice générale du Programme pour la stabilisation et les opérations de paix, Affaires mondiales Canada

Meredith Preston McGhie

Secrétaire générale, Centre mondial du pluralisme