Relation et compassion en temps de crise: Une lettre à propos de la COVID-19


Date de parution: mars 2020

Comme de nombreuses organisations homologues dans le monde entier, dans la dernière semaine, le Centre mondial du pluralisme a mis en place diverses mesures pour aider à aplanir la courbe de la COVID-19, et soutient les efforts héroïques des équipes médicales et des intervenants de première ligne en cette conjoncture historique sans précédent.

Au Centre, nous prenons la distanciation sociale très sérieusement, comme nous devons tous le faire. Nous faisons du télétravail, les voyages prévus ont été annulés et les événements et activités qui auraient entraîné un rassemblement de notre personnel et de nos invités sont reportés. Cela dit, notre travail est axé sur les relations, au sein de l’équipe et avec nos vastes réseaux de leaders du pluralisme en provenance du monde entier. Par conséquent, nous tentons de trouver d’autres façons d’être en relation, virtuellement, et pour nous soutenir les uns les autres à distance en ces temps incertains.

Compte tenu de la crise actuelle, nous révisons la date butoir pour poser des candidatures au Prix mondial du pluralisme et nous vous informerons de tout changement très bientôt. En plus des efforts inlassables des intervenants de première ligne et du personnel médical, nous sommes convaincus que l’établissement de relations en cette période d’isolement demeure un travail de première importance. Au besoin, nous ajusterons le calendrier de notre Prix pour nous assurer que celui-ci demeure une plateforme pour les initiatives inspirantes, alors que nous prenons tous soin de nos communautés pendant cette crise.

En tant qu’organisation qui valorise profondément l’apprentissage, nous réfléchissons aux leçons qui peuvent être tirées de cette crise. Il est clair que la pandémie changera infiniment le paysage mondial. Toutefois, quelle forme ce changement prendra-t-il? Entraînera-t-il un renforcement de l’isolationnisme? Les peuples et les nations resteront-ils coupés les uns des autres? Ou encore, renforcerons-nous les façons de nous lier et de nous soutenir les uns les autres au-delà des divisions? Dans cette expérience, développerons-nous une compréhension de l’inégalité, du privilège et de l’isolement social plus empreinte de compassion et agirons-nous en conséquence? Je crois que cette crise recèle une puissante occasion. Il s’agit d’une crise que nous partageons tous. Elle nous arrive à tous et à toutes et cela peut nous unir. Notre isolement collectif mondial nous offre une occasion de comprendre à quel point nous sommes profondément liés.

Nous croyons que cette crise nous offre des possibilités immédiates d’entrer en contact, et ce, malgré la distance sociale nécessaire, pour abolir les barrières de la race, de la classe, de l’ethnie, de l’âge, de la langue et ainsi de suite, lesquelles nous gardent si souvent isolés les uns des autres.

D’ailleurs, des histoires inspirantes font déjà surface. Des groupes d’entraide collective ont commencé à se former au Canada par des gens qui proposent bénévolement de prendre soin des plus vulnérables de leur communauté en s’occupant de leurs commissions quotidiennes comme l’épicerie et l’achat de médicaments sur ordonnance. Des gens publient des vidéos d’eux en train de lire des livres pour enfants et de chanter des comptines pour enfants afin de soutenir les enfants isolés et leurs parents. Des membres du personnel médical iranien dans leurs combinaisons contre les matières dangereuses ont partagé des vidéos d’eux en train de danser pour les patients afin de leur remonter le moral. Et nous avons assurément tous vu les vidéos d’Italiens, jeunes et vieux, jouer de la musique les uns pour les autres depuis leurs balcons.

Si nous cherchons des outils pour nous aider à surmonter la nouvelle séparation sociale et spatiale, nous en trouvons de fabuleux exemples parmi nos lauréats et lauréates du Prix mondial du pluralisme. Soliya, établie aux É.-U., offre une formation à distance pour ceux qui cherchent à améliorer leurs compétences afin d’animer des conversations interculturelles en ligne. Wapikoni, établie au Canada, dresse des listes de films, de documentaires, de baladodiffusion, de livres et de jeux créés par des artistes autochtones du monde entier, reconnaissant que l’art et la culture unissent les gens en période de crise.

La pandémie nous permet également de comprendre plus profondément l’expérience de ceux qui subissent des inégalités et un isolement social sur une base régulière. Ceux d’entre nous ayant le privilège de s’offrir des services de gardiennage alternatifs pendant la fermeture des écoles, de travailler à distance lorsque les bureaux sont fermés et d’accéder à des soins de santé de qualité doivent saisir l’occasion de soutenir les personnes moins privilégiées. Quand nos vies retourneront à la normale, pensons à ceux qui se sentent seuls, par exemple les nouveaux arrivants au Canada et les personnes aux prises avec des difficultés financières ou avec d’autres difficultés invisibles. Nous connaissons maintenant tous ce sentiment et nous avons le pouvoir de tendre la main, d’entrer en relation et de contrer l’isolement.

Quelles histoires de résilience avez-vous entendues? À quelles initiatives compatissantes participez-vous? Nous voulons les connaître et nous vous invitons à les partager avec nous sur Twitter et Facebook.

Rose LeMay, qui préside l’Indigenous Reconciliation Group et offre une formation en compétence culturelle et lutte contre les préjugés, l’a bien dit : « Toutes sortes de mesures sont prises pour contrer la contagion et aplanir la courbe. Mesurons également à quel point la communauté, la capacité de prendre soin d’autrui et la gentillesse sont contagieuses. Soyons porteurs. »

Ayant votre bien-être à cœur, nous vous transmettons, à tous et à toutes, chère communauté, nos meilleurs vœux.

Meredith Preston McGhie

Secrétaire générale